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Rapport du Défenseur des Droits sur les femmes en situation de handicap : la QVT comme solution aux discriminations combinées

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Ouvrant la Semaine pour l’Emploi Européenne des Personnes Handicapées, le très complet rapport du Défenseur des Droits sur l’emploi des femmes en situation de handicap dresse le panorama des discriminations faites aux femmes en situation de handicap. Il propose ses recommandations et conclut que seule la vision de la QVT permet de prendre en compte ces difficultés « intersectorielles ».

La démarche du rapport

« Malgré d’importants progrès, de nombreuses personnes en situation de handicap, et notamment des femmes, restent encore éloignées du monde du travail et rencontrent des obstacles et discriminations dans leur accès à l’emploi. » *

Le Défenseur des droits entame une démarche innovante : s’intéresser aux discriminations multiples qui touchent des personnes dont les caractéristiques les exposent à des discriminations combinant plusieurs critères, ici le handicap et le sexe.

Le rapport s’intitule « Analyse exploratoire sur les discriminations multiples ». Il étudie le sujet en profondeur :  l’accès à la scolarisation et les stéréotypes de genre spécifiques aux femmes handicapées, les risques renforcés du chômage et de l’inactivité, les « ségrégations professionnelles » particulières subies par les femmes en situation de handicap, et enfin leurs conditions de travail et leurs carrières. Nous l’avons lu pour vous …

Les constats de discriminations intersectorielles

« Les femmes en situation de handicap qui sont en emploi subissent aussi des discriminations : elles sont concentrées dans certains secteurs d’activités et accèdent difficilement à des postes à responsabilités. »*

Le Défenseur des Droits annonce que les difficultés et discriminations ainsi démontrées sont liées à la situation de handicap, au genre, mais également à la combinaison des deux. Ce que l’on appelle discrimination intersectorielle et qui est particulièrement suivie au niveau international et européen (alors qu’en France cette vision est encore minoritaire)

Voici quelques extraits du rapport :

Les stéréotypes des femmes en situation de handicap :

Concernant le handicap moteur : « la représentation collective des hommes accidentés du travail tend à les assimiler aux «blessés de guerre», ce qui facilite leur acceptation par la société alors que s’agissant des maladies chroniques, cette acceptation semble plus difficile par la société et les personnes elles-mêmes. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les troubles musculo-squelettiques (TMS), qui concernent majoritairement les femmes, n’ont été reconnus comme maladies professionnelles qu’en 2003. »*

Concernant le handicap psychique : « Les arguments mis en avant pour faire valoir une demande de soutien lié à un trouble psychique ne sont pas les mêmes non plus : les hommes doivent faire valoir leur non dangerosité, leur employabilité et l’existence d’un entourage ; les femmes doivent montrer qu’elles sont dans des relations non conflictuelles et en famille.»*

Le cas des femmes répertoriées ni au chômage ni en activité : « Les femmes handicapées qui ne sont pas en emploi sont donc moins nombreuses que les hommes à engager des démarches de recherche d’emploi et sont plus souvent en situation d’inactivité (55% contre 45% des hommes). »*

L’équilibre vie privée-professionnelle plus difficile encore chez les femmes : « La conciliation emploi et vie familiale est plus difficile pour les femmes handicapées: gérer sa vie de famille, sa vie professionnelle, son temps de formation et éventuellement le temps passé en soins ou en rééducation peut paraître insurmontable. » Séverine Lemière, citée dans le rapport du DDD

2 types de ségrégations

Ainsi le rapport met en évidence une ségrégation horizontale : les femmes sont sous représentées dans certains métiers et secteurs. De même, on voit une différence dans les entreprises du secteur protégé (EA ou ESAT : en 2013, les EA accueillaient 63 % d’hommes et 37 % de femmes en situation de handicap.

Et un deuxième type de ségrégation, appelée ségrégation verticale : les femmes en situation de handicap sont limitées à des niveaux inférieurs de responsabilité et ce malgré leurs diplômes.

« Les femmes handicapées risquent davantage que les femmes valides d’accéder à un emploi de niveau inférieur et/ou à temps partiel, moins bien payé, avec des conditions de travail moins avantageuses, ce qui tend à les maintenir dans une situation de précarité et de pauvreté »*

On parle alors de plafond de verre renforcé.

Les recommandations pour prévenir ces discriminations combinées : connaissance, visibilité et QVT

Afin de développer la connaissance de cette discrimination intersectorielle, le Défenseur des Droits demande aux pouvoirs publics de systématiser l’étude du critère du genre dans toutes les études du handicap. Ainsi que l’étude du critère du handicap parmi les enquêtes sur l’égalité professionnelle.

Afin de pallier aux « carences en matière de connaissance statistique de la situation et des besoins des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement un défaut de données genrées. »

Ensuite, l’institution émet des recommandations concernant la visibilité des femmes handicapées et la lutte contre les stéréotypes.

En effet, l’existence de « modèle positif » de femmes en situation de handicap parmi les figures médiatiques et les communications en général,  viendrait réduire les phénomènes d’autocensure.

Enfin, concernant l’accès à l’emploi et la carrière des femmes handicapées, le Défenseur des Droits prône :

  • la sensibilisation au genre auprès des intermédiaires de l’emploi ainsi qu’une approche genrée dans l’orientation professionnelle des personnes en situation de handicap
  • des actions de formation envers les femmes en situation de handicap
  • des campagnes de prévention aux risques professionnelles à destination plus particulièrement du public féminin
  • une approche genrée dans les négociations collectives et plan d’action handicap des entreprises.

Le Défenseur des Droits conclut que seule la démarche d’amélioration de la Qualité de Vie au Travail permet de prendre en compte les discriminations intersectorielles pointées dans ce rapport. Sinon elles sont toujours vues de manière indépendante et les actions mises en place ne peuvent être suffisamment efficaces.

C’est exactement la vision du Groupe JLO, qui accompagne les entreprises sur le développement de leur QVT, en prenant en compte à la fois l’égalité professionnelle, l’emploi des travailleurs handicapés, l’équilibre vie privée-professionnelle, la lutte contre les discriminations et la santé au travail, selon l’ accord interprofessionnel du 19 juin 2013.

Découvrir la démarche QVT portée par le Groupe JLO.

Consulter le rapport du Défenseur des Droits = http://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport_sur_lemploi_des_femmes_en_situation_de_handicap-accessiblefinal.pdf

*citation extraite du rapport du Défenseur des Droits sur l’emploi des femmes en situation de handicap

crédit photo : Défenseur des Droits

 

 

Publié le 15 novembre 2016 - Actualités,Handicap,Qualité de vie au travail