Retour en haut
Une offre de formation complète en Ressources Humaines Responsables

Une mesure du coût économique des discriminations

France Stratégie a comptabilisé le manque à gagner de la non utilisation des compétences existantes en France : quelle méthode utilisée pour ce calcul inédit ?

capture-methode-et-statistiques

La démarche de France Stratégie

Le récent rapport de France Stratégie identifie les inégalités liées aux discriminations (sur lesquelles nous reviendrons dans un autre article) puis présente en quelque sorte la facture, en se questionnant sur le potentiel dont se coupe la France et sur la mesure de la perte en croissance et en revenu de ses discriminations.

La conclusion du rapport, largement reprise par les réseaux médiatiques tient en 2 chiffres : le gain serait d’environ 7 % du PIB ce qui correspond à 150 milliards d’euros.

L’importance de ces chiffres pousse (et c’était l’objectif recherché) à la conscientisation des dommages des discriminations, mais l’originalité de la démarche est son angle strictement économique, ce qui devrait toucher d’autres acteurs que les autres études sur les discriminations.

Les choix des critères et des extrapolations de scénarios conditionnent complètement le calcul et donc le chiffre de conclusion de 150 milliards d’euros. Il nous a semblé donc indispensable de mettre en exergue la méthodologie de cette étude.

Comment est calculée la perte économique des discriminations ?

Les 7 auteurs du rapport ont mesuré les écarts de situation au travail qui ne sont justifiées par aucune variable objective comme l’expérience et la formation, sur la base d’une méthodologie solide et stricte, que le rapport de l’étude de 122 pages détaille.

Comme cet exercice n’avait jamais été réalisé, France Stratégie a inventé sa propre méthodologie. Ne pouvant pas traiter des 21 critères de discrimination que la loi définit (pour des raisons d’accès aux données) il s’est concentré sur 2 critères principaux de discriminations : le sexe et l’origine géographique ; 3 autres critères complètent l’analyse descriptive : le handicap, l’orientation sexuelle et le lieu de résidence.

L’ancien commissariat au Plan a mesuré en fait les écarts (de taux d’emploi, de salaires, etc) qui peuvent exister entre des groupes potentiellement discriminés et une population de référence, en corrigeant des caractéristiques observables des groupes (niveau d’éducation, origine sociale, etc)

Que gagnerait la société dans son ensemble si le recrutement des chefs d’entreprise était élargi aux femmes, si les talents étaient reconnus dans toute leur diversité et tous les hauts potentiels pleinement employés ? C’est pour apporter une réponse (chiffrée) à cette question que le rapport estime finalement le gain attendu d’une réduction des écarts inexpliqués, écarts qui sont donc considérés ici comme autant de réserves de croissance inutilisées. (extrait du rapport de France Stratégie)

Les 4 scénarios et leurs résultats : une réserve de croissance entre 3% et 14% du PIB

Globalement, France Stratégie a simulé « les effets d’un alignement de la situation en emploi des personnes discriminées  sur la situation moyenne observée dans le reste de la population de même classe d’âge ».

Il a répartit les critères d’alignement en 4 scénarios, cumulant l’un après l’autre les conséquences de la réduction des discriminations :

  1. Scénario 1 : Il mesure l’effet sur les salaires d’une réduction des écarts d’accès à l’emploi qualifié.
  2. Scénario 2 : Il ajoute les effets d’une convergence des taux d’emploi
  3. Scénario 3 : Il ajoute les effets d’une convergence des durées de travail
  4. Enfin le scénario 4 évalue l’effet additionnel d’un alignement des niveaux d’éducation (taux de bacheliers).

Sur ce nuancier, le scenario 2 mesure schématiquement les effets sur l’économie de la discrimination au sens strict (juridique), tandis que le scénario 4 serait plutôt celui (lato sensu) de l’égalité des chances.

Voici les résultats présentés :

  • +3,6 % du PIB dans le premier scenario
  • +14,1 % dans le scénario 4 d’égalité des chances
  • La convergence des taux d’emploi (introduite dans le scenario 2) se traduirait par une augmentation de 3 % de la population en emploi, soit 608 000 postes supplémentaires, à 93 % féminins.
  • En y ajoutant l’effet convergence des temps de travail (scénario 3) l’augmentation estimée de la population en emploi monte à 4,5 %, soit 974 000 emplois à temps plein.
  • Le scenario médian de convergence des seuls taux d’emploi et d’accès aux postes élevés, rapporterait 7% du PIB, soit environ 150 milliards d’euros. C’est ce chiffre qui a été choisi pour communiquer, en raison de la pertinence de son scénario (numéro 2) et sa correspondance au contexte juridique.

La volonté de France Stratégie était de démontrer l’ampleur du phénomène afin de permettre la prise de conscience, au-delà des testings, et de l’arsenal juridique. C’est chose faite, mais il reste ensuite à mettre en place les plans d’action correspondants afin de réduire les écarts.

C’est ce que propose le cabinet JLO Conseil, qui accompagne les entreprises et les administrations dans leur politique de lutte contre les discriminations.

Lui-même titulaire du label diversité, le Groupe JLO applique en interne la lutte contre les discriminations (voir par exemple son récent engagement contre le sexisme )

Ses consultants, répartis en 11 agences et 4 entités, interviennent pour sensibiliser, former et mettre en œuvre des plans d’actions :

Pôle Emploi par exemple bénéficie du déploiement au niveau national de ses formations de lutte contre les discriminations : voir notre article

Télécharger le rapport de France Stratégie sur « le coût économique des discriminations »

Télécharger le dossier de présentation du rapport « le coût économique des discriminations »

Contacter le pole diversité de JLO Conseil.

Publié le 8 novembre 2016 - Diversité,Etudes