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La généralisation du risque terroriste fait évoluer l’assistance aux salariés

Le risque terroriste s’amplifie depuis 2015  et chaque nouvel attentat réactive un sentiment d’insécurité diffus. Cet état de fait constitue un changement net dans la société toute entière et dans l’accompagnement des salariés que réalise JLO CONSEIL pour ses clients.

Jean Luc ODEYER, Président du Groupe JLO, revient sur les attentats de Paris de 2015 et ces conséquences.


L’assistance psychologique des salariés suite à un évènement traumatique ne sera jamais plus comme avant les attentats de Paris de 2015. Le risque s’est généralisé, les conséquences sont nettes au sein des équipes, dans la posture de l’accompagnant et dans les questions que posent les salariés… même s’ils n’ont pas été touchés directement.

1. Quel sont les changements que vous avez perçus depuis les attentats de Paris de 2015 ?

Lors d’interventions suite à un acte violent, de vandalisme voire de barbarie, nous pouvions jusqu’alors analyser la cible et les raisons de cet acte. Depuis les attentats terroristes, le risque est généralisé.
Les salariés, même sans être directement victimes, sont touchés en tant que citoyens, et cela subsiste dans la durée.
De mi-novembre à mi-décembre, les appels des hotlines ont été nettement plus nombreux. Les salariés avaient besoin de parler spécifiquement de l’actualité tragique, d’exprimer un énorme sentiment d’insécurité, sans lien avec leur situation de travail.
Autre particularité de la situation actuelle : il est possible de connaître à la fois la victime et l’agresseur. En effet, des psychologues peuvent intervenir auprès de salariés traumatisés par l’acte barbare à la fois parce qu’ils ont connu la ou les victimes mais également parce qu’ils ont connu l’agresseur avant qu’il ne passe à l’acte.

La confiance au sein des équipes est ainsi mise en difficulté. Certaines tendances paranoïaques ressurgissent chez des salariés fragiles, qui estiment alors que « tout le monde agit mal, même l’employeur ». La généralisation du fait terroriste développe les craintes et étend la suspicion.

2. Quelles conséquences de cette généralisation du risque sur l’accompagnement des salariés ?

Les limites ont été bouleversées entre la sphère professionnelle et la sphère personnelle.
Quand le malaise touche uniquement la sphère professionnelle, il y a des leviers d’actions à proposer au salarié : contact avec l’employeur, la médecine du travail, changement de poste, d’entreprise, …
L’employeur peut mettre en place des mesures de protection : après un braquage, on peut renforcer la sécurité : agents de sécurité, systèmes d’alertes, etc.
Face au terrorisme, nous n’avons pas de moyen d’intervenir sur le contexte.

Pour faire face à ces changements, on constate la mise en place nécessaire d’une supervision supplémentaire pour les consultants psychologues, concernés également en tant que citoyens par ces actes de terrorisme.
On aborde ainsi la posture de l’accompagnant et la question de la responsabilité de l’assistance psychologique : les salariés qui montrent un grand manque de repères, cherchent des réponses sur tous les domaines de leur vie. Nous avons donc à repositionner le rôle du psychologue, qui n’a pas de réponse à fournir sur la façon de vivre des salariés, mais doit se situer dans la bienveillance, le soutien et la neutralité.

L’aide psychologique est là pour aider à rationaliser les risques, trouver des moyens d’action selon les besoins du salarié, en gardant le positionnement de l’accompagnant, sans traiter ces notions plus philosophiques (vie et mort, impuissance face au destin) qui sont clairement nouvelles dans les questions posées.

Que conseiller aux entreprises pour faire face à cette généralisation du risque ?

Réfléchir en amont et définir un plan d’action :

  • Qui s’occupe de quoi en interne lors d’évènements tragiques ?
  • Comment va-t-on échanger avec les partenaires sociaux ?
  • Comment intervient la médecine du travail ?
  • Quel soutien les équipes RH peuvent-elles apporter ?

En effet, les entreprises qui avaient déjà un dispositif en place ont mieux géré les conséquences des attentats de 2015 :
les moyens d’accompagnement (hotline, permanences physiques) ont suffi à rencontrer les personnes en souffrance extrême, à gérer le choc. Une communication spécifique pour rappeler l’existence des outils disponibles a été relancée dans certains cas.

En revanche, la difficulté reste entière pour ceux qui n’ont pas de dispositif et où il n’y a pas de réflexe de soutien psychologique.
On peut leur conseiller de prévenir ce genre d’évènement en réfléchissant à des process et en les confrontant à une simulation. Il faut pouvoir réagir vite et bien. Les entreprises du tertiaire sont par exemple en retard sur ce plan et peuvent avoir à faire face à des situations difficiles comme un suicide, une plainte pour harcèlement, sans être suffisamment préparées.

Il peut être également nécessaire de réévaluer le risque traumatique dans le temps car les impacts de la situation traumatique peuvent durer.
Des points réguliers sont à prévoir après l’évènement traumatique, afin de vérifier les difficultés soulevées juste après les actes violents mais aussi celles qui auraient pu apparaitre depuis. D’autant que désormais le risque s’est généralisé, que les salariés-citoyens gardent un niveau d’alerte important dans la durée.

A nous, psychologues, de les accompagner avec cette nouvelle donne.

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Publié le 17 juin 2016 - Santé et Bien-être au travail